Charte éthique

Charte fondatrice et déontologique
de la psychanalyse symbolique

Une réponse à un besoin culturel nouveau

La psychanalyse symbolique est une forme de psychanalyse qui se conçoit comme un accompagnement symbolique et spirituel.
Elle est en résonance avec une mutation culturelle en cours dans le domaine de la relation d’aide, jusqu’ici fort peu pensée.
De plus en plus de personnes recherchent en effet l’accompagnement d’un praticien pour les aider sur une voie de transformation psychique qui soit aussi, et de manière cohérente, un chemin d’expériences et de réalisations spirituelles. Nous entendons avant tout par «spirituel» la recherche d’un sens de la vie qui vient transcender l’aspect simplement «fonctionnel» (linéaire) du moi (et de son affirmation toujours unilatérale) pour s’ouvrir à l’expérience de l’unité profonde de l’être.

Bien que pouvant souffrir dans leur existence, ces personnes n’approchent pas leur souffrance psychique comme une maladie individuelle ou un dysfonctionnement, mais comme souffrance de leur rapport au monde et au sens : une souffrance de l’humanité en elles. Citoyens libres et responsables, conscients de leur viabilité interne, elles n’attendent pas du praticien un traitement «technique» de guérison, ni même une simple aide psychologique. Mais elles lui demandent un accompagnement synergétique dans leur quête analytique et intérieure pour refonder le sens humain de leur vie et de leurs relations aux autres et au monde. Au cours de cette quête, elles désirent se différencier consciemment des modèles aliénés transgénérationnels, familiaux et culturels qui dominent leur inconscient. Elles désirent ouvrir avec celui-ci une relation spirituelle, philosophique et initiatique.
Cette mutation culturelle concerne des citoyens confiants en leur créativité intérieure et leur droit à la liberté et à l’égalité. Elle fait naître à côté de la relation d’aide classique en psychothérapie, telle quelle est définie par la loi française en vigueur, et qui est bien sûr indispensable, une forme nouvelle de relation d’aide. Celle-ci n’est plus liée au paradigme médical et donc au rapport duel spécialiste / patient. Dans ce rapport classique, le patient transfère une source d’autorité incontestable sur le praticien, regardé comme le «sujet supposé savoir». C’est à une toute autre logique de relation d’accompagnement qu’initie la psychanalyse symbolique.

Il sera clairement établi dans chaque contrat d’analyse que le psychanalyste symbolique ne propose aucune psychothérapie, mais un accompagnement symbolique et spirituel. Son client, informé de cela, s’engage donc en connaissance de cause dans le travail avec lui, conçu comme l’accompagnement de sa quête personnelle d’une transformation spirituelle de sa vie. Le praticien accueille son client dans la singularité de son être, c’est-à-dire le reconnaît toujours comme une «exception» par rapport aux grilles de lecture générales qu’on pourrait appliquer à son cas. Il n’enferme donc pas son client dans un diagnostic et il ne le réduit pas à la position passive du «patient», car les deux sont pour ainsi dire les «co-patients» du processus intérieur qui anime l’analysant (mais traverse aussi l’analyste) et dans l’analyse symbolique duquel les deux collaborent. Face à ce processus commun, l’analysant est dans un rapport d’égalité «ontologique» avec le psychanalyste symbolique et conserve sa liberté fondamentale à tout instant, y compris celle de rompre la relation. Ce point sera développé plus loin.

Notre voie d’accompagnement se définit comme psychanalyse parce qu’elle repose fondamentalement sur l’analyse de la vie symbolique de l’inconscient. Cette vie se manifeste à travers les symboles des rêves, l’expérience de la dimension symbolique de l’existence (que nous rencontrons par exemple au travers des synchronicités), les représentations archétypales rencontrées dans les contes, les mythes, et mis en scène dans les constellations du même nom.
Nous n’entendons pas «analyse» dans son sens classique comme un processus intellectuel de prise de conscience, mais dans un sens inspiré de son étymologie venant des mots grec «ana», donnant l’idée de recommencement , et «luein», délier : le recommencement du déliement. Il s’agit de trouver dans la confrontation avec la vie symbolique de l’inconscient une voie expérimentale de «recommencement» de notre «déliement», c’est-à-dire de notre naissance. Nous ne sommes pas encore en effet totalement nés à nous-mêmes lors de notre «première naissance», et sur la lancée de celle-ci, notre expérience de la vie n’est pas encore notre vraie vie personnelle et différenciée, contrairement à ce que nous croyons : nous restons encore par trop «liés», inconsciemment déterminés, par l’histoire et les représentations dominantes de notre milieu familial et culturel. Notamment, nous ne sommes pas encore véritablement nés tant que (sans le savoir la plupart du temps) nous ne faisons que répéter dans notre vie les expériences tragiques des générations passées. Nous entendons dés lors notre psychanalyse comme la voie d’une relation initiatique à l’inconscient qui vise à «naître de nouveau», à refonder notre naissance, de manière réellement individuée, et qui vient interpeller en ce sens tous les domaines (spirituel, intellectuel sentimental, sexuel, social, etç) de l’existence du sujet. La psychanalyse symbolique recueille ainsi au XXI° siècle, dans un contexte de laïcité et d’exigence scientifique, l’héritage spirituel des traditions mystiques du passé qui appelaient à la nécessité d’une expérience initiatique de «seconde naissance» à l’instar de la tradition chrétienne ou des traditions orientales.

Sur cette voie, la psychanalyse symbolique se définit comme jungienne parce que C.G. Jung a pensé de manière pertinente une psychanalyse des profondeurs. Il a notamment découvert de manière très expérimentale au cœur de l’inconscient la réalité spirituelle d’un processus naturel qui recherche la transmutation harmonieuse de la vie. Ce processus vient transcender de manière incessante le point de vue limité et figé du moi. Cette découverte est malheureusement encore largement ignorée par les théories de la psyché les plus en vogue qui demeurent centrées exclusivement sur le moi et qui ne connaissent que les aspects destructeurs et dysfonctionnants de l’inconscient. Ces aspects existent bien sûr, mais existe aussi au centre de l’inconscient un recours positif qui œuvre de l’intérieur de nous-mêmes à les réparer et à nous guérir du tragique. Jung a pensé cette réalité intérieure positive, qu’il a découverte, sous le concept du Soi. Celui-ci est le travail du divin, du transcendant, du numineux, au sein de l’humain. Il est l’Un vivant présent au cœur de l’inconscient collectif de l’humanité, traversant de l’intérieur tous les êtres, mais se manifestant cependant d’une manière personnelle et singulière à chacun. Il est le centre de la psyché humaine, et il veut réaliser celle-ci comme un mandala vivant, une union harmonieuse des contraires qui la constituent (comme le masculin et le féminin, la raison et l’instinct etc.)
L’ouverture au Soi fait de la quête analytique une authentique expérience spirituelle personnelle (délivrée de toute inféodation au discours collectif d’une quelconque institution idéologique et d’une quelconque religion).
L’union du Soi veut se réaliser sous une forme totalement inédite et singulière dans la vie de chaque individu : une forme inédite que ni l’analyste, ni le sujet qu’il accompagne ne connaissent encore, et dont ils ne peuvent en rien anticiper le déroulement, au commencement d’une psychanalyse symbolique.

Cette forme inédite se cherche au cours de la création spontanée (c’est-à-dire en réalité indépendante de notre moi) des symboles qui nous viennent notamment au travers des rêves que nous recevons. Les rêves nous permettent de nous confronter aux représentations archétypales figées transgénérationnelles, familiales et culturelles qui dominent, préforment notre vie psychique. Bien avant notre naissance, nous sommes ainsi enchainés, avant même que nous puissions dire «je» ou «moi», dans une indifférenciation d’avec les malheurs et les traumatismes des générations passées. Le fait même de pouvoir les confronter consciemment au travers des rêves ou des expériences de constellations archétypales fait que ces représentations, jusqu’ici toutes puissantes parce qu’inconscientes, commencent à se transformer à l’intérieur de notre vie psychique personnelle. C’est ainsi que nous sommes en mesure, au cours de ce processus ou grand œuvre d’individuation du Soi, de travailler à faire naître en nous une vie personnelle réellement différenciée et libre.
Or, les représentations archétypales qui y sont travaillées sont éminemment culturelles. Au travers même du travail de transformation intérieure des individus, c’est l’inconscient collectif de l’humanité qui se transforme, et donc le message qui est transmis de l’intérieur de cet inconscient aux générations futures. Dans l’atelier secret de son analyse individuelle, le sujet n’en est pas moins encouragé à se considérer comme le parent initiatique symbolique des générations futures, quand bien même il serait sans enfants.

De rêve en rêve travaillé, le symbolisme du Soi nous accompagne de l’intérieur de nous-mêmes et nous refonde. Le praticien de la psychanalyse symbolique est formé pour aider le sujet à vivre une relation initiatique profonde avec ce symbolisme. Il a une fonction humble d’interprète de la langue du symbole. Il n’impose aucune vérité de l’extérieur et n’enferme pas le sujet dans un diagnostic préétabli. Mais il vise à lui faciliter l’écoute de cet accompagnement qui se manifeste de l’intérieur de l’analysant. Empiriquement, dans l’expérience de la relation analytique, le praticien est certes le psychanalyste, l’accompagnant du sujet en analyse, mais en réalité, le vrai psychanalyste, le vrai accompagnant est à l’intérieur, c’est le Soi qui traverse et interpelle de l’intérieur aussi bien le praticien que son client.

Le psychanalyste symbolique est le praticien qui sait que le véritable psychanalyste est intérieur et que sa fonction en tant que praticien consiste à ancrer son client dans l’information symbolique d’un «troisième» intérieur (par rapport à eux deux), le Soi, qui est le cœur vivant de la relation analytique. Ainsi, celle-ci n’est-elle pas une relation duelle, mais le praticien et son client se réunissent autour d’un troisième, le Soi, qui se manifeste au travers du matériau objectif du symbole (rêve ou synchronicité). Cela transforme radicalement tout le contexte du transfert dans la relation analytique. Dès la première séance de travail, le psychanalyste symbolique est en effet formé pour mettre en relation l’analysant avec ce «troisième».
L’analysant est d’emblée amené par son analyste à intégrer que le centre de leur travail n’est pas la relation formelle qu’il entretient avec lui, mais la relation que les deux vivent avec le Soi au cours de l’analyse des rêves. Ces derniers se chargent d’ailleurs eux-mêmes très vite d’enseigner cette vérité.
Ainsi, la veille de sa première séance d’analyse, une femme reçoit ce rêve, alors qu’elle n’a encore jamais rencontré son analyste, et qu’elle ne connaît pas très bien le travail qui va lui être proposé : elle sonne à la porte de l’analyste, mais c’est l’ami intime de celui-ci qui vient lui ouvrir et la conduit comme pour être conviée à un festin dans la salle à manger.
Il était facile à l’analyste symbolique d’expliquer à cette personne l’esprit du travail qu’ils allaient faire et qui était enseigné d’entrée de jeu par ce rêve. Sa fonction en tant que psychanalyste symbolique n’était rien d’autre que de la mettre en relation de travail initiatique très nutritive et très réjouissante avec son «ami intime» intérieur, le Soi. Le psychanalyste symbolique a pour motivation de faire connaître à toutes les personnes qu’il accompagne son «ami intime», l’Ami intérieur qui est au cœur de tous les humains. Le psychanalyste symbolique s’efface derrière l’Ami au cours du processus. Ainsi, dès la première séance d’analyse se prépare déjà la fin de la psychanalyse : le moment de la séparation d’avec le psychanalyste devenu (et reconnu) comme inessentiel, puisque l’essentiel, c’est la relation à l’Ami. A la fin de l’analyse, le psychanalyste symbolique se retire et il ne reste plus alors à l’analysant que sa relation personnelle au Soi, qui se sera formée au cours du processus.

Il est indispensable au psychanalyste symbolique de continuer suffisamment longtemps son analyse individuelle ou de reprendre à plusieurs moments de sa vie des «tranches» supplémentaires d’analyse pour développer, enraciner, préserver sa relation intime avec le Soi. Le seul trésor thérapeutique qu’il amène à l’analysant, c’est en effet son amitié réelle avec le Soi. S’il ne peut communiquer celle-ci, si elle ne transparait pas naturellement dans les interprétations symboliques qu’il propose, l’analyse risque fort de n’être qu’un «fonctionnement» froid et stérile.

-Le psychanalyste symbolique n’exerce aucune «autorité» dans l’analyse, mais est là pour aider l’analysant à entrer en relation avec la véritable source d’autorité créatrice qui est intérieure à ce dernier, et se manifeste à travers le matériau objectif de ses rêves : le Soi. Il doit ainsi toujours confronter son intuition personnelle à la réalité de ce matériau objectif, ne jamais imposer une interprétation. Il est très essentiel de vérifier toujours qu’une interprétation parle à l’analysant. C’est celui-ci qui valide l’interprétation et doit donc avoir le dernier mot du travail, toujours.

-Le psychanalyste symbolique se doit donc d’aider l’analysant à très vite prendre conscience qu’il n’est pas le guide ou le directeur de conscience que peut-être celui-ci désirerait trouver, et qui l’inféoderait à sa personne. Il doit en conséquence pouvoir s’affranchir de toute obligation de résultat et de tout devoir d’être infaillible, puisque la source du sens, ce n’est pas lui, mais le Soi qui s’exprime à travers le matériau objectif du rêve ou des synchronicités. Les deux, analyste et analysant, sont réunis autour du troisième qui est le Soi, dans une situation d’égalité ontologique, et les deux avancent ensemble pour comprendre ce que veut le Soi dans la vie de l’analysant. Il se pourrait fort bien que les deux ne comprennent pas immédiatement la complexité symbolique d’un rêve. Plutôt que de se le cacher et de faire comme si on le comprenait en expédiant une interprétation toute faite, le psychanalyste symbolique doit faire confiance au processus de l’analyse. De rêve en rêve, de synchronicité en synchronicité, le Soi finira par se faire comprendre. Le principe de cette confiance dans le processus doit être posé dés le début de l’analyse.

-Le psychanalyste symbolique doit prendre garde de ne pas se projeter au centre de la relation de travail au détriment de la relation au «trois», au Soi qui elle seule est créatrice. Ceci implique bien évidemment pour commencer qu’il s’abstienne de toute relation sexuelle ou de séduction avec les analysants. Qu’il ne favorise en rien leurs projections transférentielles, en leur imposant des directives à partir de son bon sens personnel et de sa logique mentale, au lieu de les aider à rechercher dans leurs propres rêves la direction interne de leur vie. S’il agissait ainsi, il s’arrogerait indûment la place du Soi pour l’analysant et il pourrait en résulter les pires dommages pour eux deux. Dans tous les cas, il viderait la voie symbolique (des rêves) de tout intérêt.

-Il est, dans son éthique professionnelle de ne jamais prolonger indûment la relation et il doit être vigilant pour repérer dans les rêves de l’analysant et les siens propres les symboles qui indiqueraient si, du point de vue du Soi, cette relation n’a plus lieu d’être.

-L’analyste et l’analysant constituent tous deux dans leur relation inconsciente une communauté symbolique travaillée par le Soi. Les rêves de l’analysant sont l’expression de cette communauté symbolique, et il est sain que l’analyste puisse trouver dans ces rêves, non pas ce qui se rapporte uniquement au rêveur, mais aussi matière à enseignement et interpellation pour lui-même et sa pratique de psychanalyste. C’est le travail qui doit normalement être fait dans les séances de supervision. La supervision est indispensable au psychanalyste symbolique, comme une condition éthique sine qua non, notamment dans les premières années de sa pratique, pour l’aider à graviter toujours plus intensément autour du Soi, pour le plus grand bénéfice des personnes qu’il accompagne.

-La psychanalyse symbolique ne fonctionne réellement que par cette communauté symbolique inconsciente que le Soi constitue entre l’analyste et l’analysant, sans qu’il soit besoin que ceux-ci le veuillent consciemment ou fassent un effort pour cela. C’est ce bain psychique commun constitué par l’union de leurs deux inconscients qui fait que l’analysant reçoit des rêves que l’analyste peut en dernière analyse comprendre. Les symboles des rêves se forment dans ce fond commun inconscient. Cette communauté symbolique n’est bien évidemment opérationnelle que dans les limites de la séance d’analyse. En dehors, les deux sont psychologiquement des personnes séparées, et elles doivent le rester.

Conscient de ce processus, le psychanalyste symbolique se doit de développer en direction de l’analysant une attitude éthique qui soit conforme à l’existence de cette communauté symbolique et favorise son travail inconscient. Il se doit notamment de manifester un accueil amical chaleureux et de montrer une compassion et une solidarité inconditionnelle face aux souffrances de l’analysant. L’analyste symbolique ne juge pas l’analysant. Il se peut que celui-ci puisse recevoir des rêves qui l’interpellent rudement. L’analyste s’en fait évidemment l’interprète, mais ce n’est pas lui qui juge. En tant que personne, il reste bienveillant et encourageant. Un cas limite cependant à cette attitude : l’analyste se doit, au nom des droits de l’homme et des lois ontologiques, de se désolidariser en tant que personne de toute attitude inhumaine, violente ou d’abus sexuel (inceste, viol, pédophilie) qui serait le fait de l’analysant dans le temps présent de l’analyse. Et il se doit de dénoncer les crimes sanctionnés par la loi de la République.

-L’écoute et la contemplation du processus intérieur, et notamment le travail des rêves, demandent du temps pour s’effectuer sérieusement. Il est donc juste que le psychanalyste symbolique propose des séances d’analyse suffisamment longues pour que le travail ne soit pas expédié et bâclé. L’expérience nous montre que des séances d’1H 30 sur des créneaux de 2H est la formule optimum. Des pauses régulières d’une demi-heure après chaque séance sont précieuses pour l’analyste, comme des sas de repos et de décontamination, pour accueillir d’un regard neuf la nouvelle personne, dans la séance nouvelle.

-Le psychanalyste symbolique offrant son temps et toutes les ressources de sa vie intérieure à l’accompagnement de l’analysant, il est naturel qu’il reçoive une juste rémunération de celui-ci. Les valeurs de compassion et de bienveillances inhérentes à la relation symbolique impliquent cependant qu’il tienne compte de la situation financière réelle (et non imaginaire) de l’analysant lorsqu’elle se dégrade pour, éventuellement moduler son prix, lorsque demande en est faite. Cette solution n’est envisageable, cependant, que pour les personnes qui honnêtement désirent consacrer tous leurs efforts au travail de l’analyse symbolique.

Le processus d’une psychanalyse symbolique se conçoit comme l’enchaînement combiné et subtil de deux opérations : écouter suffisamment longtemps le processus initiatique qui vient du Soi au travers des rêves et des synchronicités, se laisser transformer son point de vue par lui dans un mouvement de lente infusion ; et répondre concrètement aux injonctions de ce processus, en osant laisser émerger dans sa vie la parole authentique de la naissance à soi-même, en réalisant très concrètement l’initiation et les propositions du Soi par un changement de son rapport au monde.
L’accompagnement du psychanalyste symbolique vise à faciliter à l’analysant l’écoute du Soi dans le travail des rêves ou dans celui des constellations archétypales. L’écoute est sans doute l’activité la plus importante de l’analyse pendant longtemps, car il est essentiel que l’analysant rencontre, accueille, comprenne le Soi, en tant que cet Autre au cœur de sa psyché. Mais plus l’analyse avance et s’intensifie, plus la nécessité de la réponse de l’analysant s’impose : son moi est-il prêt à proclamer dans sa vie consciente le cours de la relation nouvelle au monde voulue par le Soi, ou, continue-t-il, par habitude ou lâcheté, à reproduire les anciens modèles ? Cette question se repose bien sûr plusieurs fois au cours de l’analyse. Elle invite à des moments de «conversion» du moi, non pas à une idéologie religieuse, mais à l’injonction de naître à soi-même que le Soi impulse.
Il est évident que l’analyste n’est pas là pour imposer, voire suggérer la réponse à l’analysant, car cela n’aboutirait qu’à un résultat plaqué ou purement imaginaire. Mais il doit l’encourager, à partir du résultat de l’analyse, à ce qu’elle se forme en lui, en l’aidant à prendre conscience de ses résistances à le faire, dont il n’avait pas conscience.
Pour pouvoir aider à ce processus, il est important que le psychanalyste puisse se former à l’art de la proclamation et du courage de répondre, notamment dans la pratique des constellations symboliques et spirituelles. Il est important que lui-même ait fait suffisamment l’expérience des constellations pour développer cette présence à la réponse. Il dispose aussi de l’enseignement hérité de la psychanalyse freudienne montrant l’importance de la fonction paternelle dans la naissance de la parole autonome, étant bien entendu que la vraie fonction paternelle se fonde sur la transcendance du Soi, et est une fonction du Soi.

La psychanalyse symbolique s’ancre sur le grand œuvre du Soi visant à réaliser la psyché en mandala vivant, réconciliation harmonieuse des contraires. Ce grand œuvre est en action durant toute la vie d’un individu, et il est sans cesse réactualisé. La finalité de la psychanalyse symbolique ne peut donc être de se perpétuer sur un mode linéaire jusqu’à la réalisation ultime de cet objectif qui s’étend sur toute une vie. Nous l’avons dit, dés la première séance de travail, s’annonce et se prépare déjà la fin de l’analyse et la nécessaire séparation qui devra se vivre entre l’analysant et son analyste. Une psychanalyse symbolique peut en principe s’arrêter lorsque l’analysant s’est enraciné au cours du travail dans une relation personnelle consciente, différenciée, avec le Soi : autrement dit, lorsque l’analysant est en mesure de reconnaître symboliquement les interpellations initiatiques que lui adresse la vie et d’y répondre par une ouverture du cœur. Ce moment correspond à l’intégration de la pratique systématique de ce que Jung appelle l’imagination active.
L’imagination active est la voie de méditation que propose Jung pour préparer la fin de l’analyse et l’autonomisation du rêveur par rapport à son analyste. Elle s’apparente à une forme de «colloque intérieur» ou dialogue symbolique personnel qui s’établit directement (sans la médiation de l’analyste) entre le rêveur et les figures inconscientes de la psyché intervenant dans ses rêves. Il est important de pouvoir discerner les critères d’une pratique «juste» de cette forme d’imagination qui n’est pas une dissolution dans l’imaginaire mais une relation personnelle et différenciée avec les symboles vivants de la vie psychique.
La pratique de l’imagination active libère une source de créativité essentielle dans la vie psychique d’un individu. Elle est, nous dit Jung, la condition sine qua non pour que l’analysant ne reste pas à vie un satellite de son psychanalyste. Pour accompagner ce mouvement essentiel et être à la hauteur de sa fonction, il est donc fondamental que le psychanalyste symbolique se forme et continue à se former à la pratique approfondie de l’imagination active.

NB. Les analystes inscrits sur le répertoire national de la psychanalyse symbolique adhèrent à cette charte et sont engagés par ses principes déontologiques.

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