L’avènement de la féminité c’est-à-dire de l’ouverture, de la relation, de l’accueil de l’autre, de l’étranger est la condition pour qu’advienne une humanité nouvelle au service de la création toute entière. Et cette humanité est dans un douloureux travail d’enfantement. L’expérience de ses propres profondeurs fait découvrir que seul le Soi trace le chemin.
Ce thème nous invite tout particulièrement à l’ouverture, à l’accueil, à la relation. Il a une dimension à la fois collective et individuelle.
Au niveau collectif et dans le dernier quart du XXème siècle on pouvait espérer qu’un certain humanisme allait l’emporter, chute du mur de Berlin, avancées démocratiques, fin des totalitarismes … Mais le début du XXIème siècle est marqué par des tueries impitoyables, des barbaries, des massacres, des génocides. Au niveau social et politique, nous pouvons avoir l’impression d’une régression, nous pouvons nous vivre comme enfermé·es dans des conflits violents et primitifs qu’on aurait pu croire appartenir à l’Histoire : montée des fascismes, réarmements des états, impossibilités des dialogues entre différents partis. La toute-puissance des uns vient soumettre les autres, domination des uns et soumission des autres. Le rejet de l’autre, du différent, de l’étranger s’exprime sans filtre, sans retenue. Avons-nous vraiment dépassé l’archaïsme ? Ce qui est valorisé collectivement en ce monde c’est la force, le résultat, la production, l’efficacité. Et non pas la relation, l’accueil, la
tendresse, la douceur…
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